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Crime de manque de débat contre les valeurs françaises

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Je le répète : à chaque jour sa polémique, qui aurait mérité que l’on en débatte plus longuement et moins superficiellement. Surtout ici, où le sujet est beaucoup plus grave, beaucoup plus profond. Les superlatifs sont forts, et pour une fois, ils ne sont pas galvaudés. Le pouvoir en place semble vouloir piétiner certains principes républicains, au nom d’une fin des tabous qu’il aura lui-même dressés. Certes rien n’est immuable. Mais on ne peut accepter que ces valeurs essentielles soient remises en cause de façon aussi désinvoltes.

Christian Estrosi1er acte : Mayotte. Le Ministre de l’Outre-Mer, Christian Estrosi, a envisagé qu’un enfant né de parents en situation irrégulière sur l’île de Mayotte ne puisse plus demander la nationalité française.

C’est donc une remise du principe du droit du sol, l’une des valeurs fondatrices de la République Française, qui en cela, s’était différenciée du droit du sang prussien. Cela n’a donc rien d’anodin, cela doit faire débat : la population de Mayotte a quintuplé en près de deux décennies, 30% ne parle pas français. Chaque jour, des femmes des autres îles des Comores viennent accoucher à Mayotte, afin que leur enfant obtienne la nationalité française. A priori, par exemple, un enfant né aux États-Unis ne devient pas américain, cela serait trop simple. Mais peut-on accepter en outre que la loi française s’applique partout, sauf dans quelques territoires ? Aujourd’hui Mayotte, demain la Guyane et les autres DOM-TOM, la Corse et enfin la Métropole ?

Prison - lepoint.fr2ème acte : le principe de rétention des personnes jugées dangereuses même après la fin de leur peine. Les principaux aspects de la loi ont été validés par le Conseil Constitutionnel, hormis son application rétroactive. Nicolas Sarkozy a demandé au premier Président de la Cour de Cassation Vincent Lamanda d’examiner dans quelle mesure cette loi pourrait s’appliquer à des condamnés déjà condamnés, donc rétroactivement.

Le débat n’est pourtant pas simple. Qui peut affirmer qu’il souhaite voir en liberté ce genre de criminels multi-récidivistes, ayant fait part de leur volonté de commettre d’autres forfaits à leur sortie de prison ? Ceci dans le contexte de la publication d’une liste de 32 condamnés pour des faits criminels graves, qui seront relâchés prochainement et susceptibles de récidiver ? Mais qui peut affirmer également qu’il accepte de voir le Président de la République, garant de nos institutions, les violer allègrement ?

Car il s’agit bien de cela : un passage en force, une violation de l’État de droit. Plutôt que remettre en cause la décision du Conseil Constitutionnel en la contournant, il aurait mieux valu exiger ce qui aurait dû être fait depuis le début à ce sujet : imposer des soins à ce genre de criminels. D’ailleurs, le Conseil Constitutionnel n’a pas censuré l’emprisonnement de ceux qui, condamnés avant le vote de la loi, refuseraient de se soigner.

Le pire vient de ceux qui osent affirmer que cela n’est pas grave. Voilà l’esprit de veille républicaine anesthésié, et c’est sans doute le plus funeste pour notre démocratie, plus encore que les mauvaises intuitions du pouvoir prêt à défaire de manière discrétionnaire nos valeurs. Et l’on n’a pas encore parlé de la laïcité…


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